Dernier verre

Dernier verre

Oui je l'ai violé cette salope.

Et alors ? Personne ne me fera regretter ça!

Si vous pouviez savoir à quel point c'est jouissif... Si vous arriviez à comprendre tout le plaisir que l'on peut prendre à voir ces chiennes se pisser dessus de peur, obéir aveuglément à tous vous ordres, être à votre merci...

Si vous pouviez comprendre à quel point c'est bon de les asservir, de les transformer en esclave, de remettre ces putes à leur place de servantes, ce qu'elles n'auraient jamais dû cessé d'être ; alors c'est une médaille que vous me donneriez. Pas une condamnation à mort !

Je sais bien qu'aujourd'hui, on a donné des « droits » à ces animaux.

Ils peuvent travailler, gagner de l'argent, voter, et même se marier entre eux.

Répugnant.

Aujourd'hui, vous allez me couper la tête. Il y a plusieurs siècles, tout le monde aurait trouvé ça normal qu'un homme se soulage dans ces urnes à foutre que sont les femmes ! Le viol ? C'est un concept très récent !

Le droit de cuissage, c'est bien plus ancien mais bien sûr ; personne ne respecte ça !

Personne ne se pose la question de comprendre pourquoi, pendant des siècles, ces êtres sans âmes n'ont eu d'autres rôles – sauf rares exceptions – que d'être nos esclaves, nos subordonnées, nos femelles reproductrices.

Alors ok, c'est vrai, par le passé on ne tuait pas les femmes.

LOGIQUE ! Le viol n'était pas puni ! Le chaland pouvait se vider dans n'importe quelle morue et prendre la fuite, pourvu qu'il court plus vite que le mari et il s'en tirait bien !

Les droits de l'Homme incluent ceux de la femme. Absurdité !

Alors oui ; la dernière n'avait que dix-huit ans ! Que dix-huit ans, m'a t-on reproché ? Depuis quand l'âge devrait être un facteur déterminant dans l'envie saine d'un mâle de se dégorger dans une fente ?

C'était pas une gamine de dix ans non plus ! Traite moi de pédophile pendant que t'y es !

Et quelle connerie, mais quelle folie d'avoir mis à la tête de notre pays UNE FEMME ! On est cuit ! Avec ou sans moi, on est tous foutus !

Une femme ? Et bientôt quoi ? Un pédé ? Un nègre ? UN CLÉBARD ?

Pays pourri, puant, putride, dégénéré, sale et visqueux.

Dans quelques années, ça m'étonnerait pas qu'on aille chercher nos ministres directement au zoo !

  • T'as fini ton plat ?

  • Ouais ! J'suis fin prêt pour la coupe !

Le geôlier me regardait d'un air désabusé. Il est pas mauvais, le bougre. Sauf que lorsqu'il me voit, il s'imagine que j'aurais pu trucider sa femme ou sa fille ou sa nièce, alors il voit rouge. Comme un taureau. Il réfléchit plus. On lui a dit que j'étais un monstre, ON a pensé à sa place, mangé, digéré l'information, c'est fait : je suis un putain de monstre.

Malgré tout, il semble éprouver une certaine compassion à mon égard.

Peut être parce qu'on va me raccourcir dans les minutes qui suivent ?

Tu parles ! Dans deux jours il aura oublié ! Peut être même qu'il se félicitera de ma mort auprès des siens, se vantant d'être celui qui a conduit le monstre à l'échafaud.

Allez zou ! Qu'on en finisse !

On me propose une dernière cigarette.

Je ne fume pas, ça fait tousser et puer de la gueule.

Un dernier verre ? J'dis pas non. Mais pas cet espèce de tord boyaux dégueulasse qu'on sert à tous les condamnés à mort ! J'veux un bon Whisky écossais ! 16 ans d'âge de préférence.

Mon avocat négocie ça avec un des types chargés de mon exécution qui finit par acquiescer.

Deux minutes plus tard, j'ai mon Whisky. Ils se sont pas foutus de ma gueule ! C'est du bon !

J'en prend une lampée, puis deux.

Le verre est rempli de moitié.

Je fais traîner. Je vois bien que ça les emmerde.

  • Finis ton verre maintenant !

  • Pourquoi ? Vous avez peur que la lame rouille?

  • Finis que j'te dis !

Je fais traîner encore un peu, et puis, de peur que ces cons ne me l'arrachent des mains et foutent en l'air un aussi bon nectar, je m'exécute avant qu'ils ne le fassent.

On me rase la nuque.

On me fait enfiler un genre de chemise dénudée aux épaules.

Je tâche de penser à des trucs agréables.

Tiens, Jessica par exemple. Je revois la surprise dans ses yeux alors que je commençai à l'égorger juste après avoir joui en elle.

C'était le bon temps, mais on arrive à la fin du film.

Coupez !

Clément Paquis ©2012