Clément PAQUIS

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samedi 2 mai 2015

Autopsie du gauchisme

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samedi 19 janvier 2013

Le déclin

Le déclin


Tu casses des cailloux, vieillard, sur le chemin ;

Ton feutre humble et troué s’ouvre à l’air qui le mouille ;

Sous la pluie et le temps ton crâne nu se rouille ;

Le chaud est ton tyran, le froid est ton bourreau ;

Ton vieux corps grelottant tremble sous ton sarrau ;

Ta cahute, au niveau du fossé de la route,

Offre son toit de mousse à la chèvre qui broute ;

Tu gagnes dans ton jour juste assez de pain noir

Pour manger le matin et pour jeûner le soir ;

Et, fantôme suspect devant qui l’on recule,

Regardé de travers quand vient le crépuscule,

Pauvre au point d’alarmer les allants et venants,

Frère sombre et pensif des arbres frissonnants,

Tu laisses choir tes ans ainsi qu’eux leur feuillage ;

Autrefois, homme alors dans la force de l’âge,

Quand tu vis que l’Europe implacable venait,

Et menaçait Paris et notre aube qui naît,

Et, mer d’hommes, roulait vers la France effarée,

Et le Russe et le Hun sur la terre sacrée

Se ruer, et le nord revomir Attila,

Tu te levas, tu pris ta fourche ; en ces temps-là,

Tu fus, devant les rois qui tenaient la campagne,

Un des grands paysans de la grande Champagne.

C’est bien. Mais, vois, là-bas, le long du vert sillon,

Une calèche arrive, et, comme un tourbillon,

Dans la poudre du soir qu’à ton front tu secoues,

Mêle l’éclair du fouet au tonnerre des roues.

Un homme y dort. Vieillard, chapeau bas ! Ce passant

Fit sa fortune à l’heure où tu versais ton sang ;

Il jouait à la baisse, et montait à mesure

Que notre chute était plus profonde et plus sûre ;

Il fallait un vautour à nos morts ; il le fut ;

Il fit, travailleur âpre et toujours à l’affût,

Suer à nos malheurs des châteaux et des rentes ;

Moscou remplit ses prés de meules odorantes ;

Pour lui, Leipsick payait des chiens et des valets,

Et la Bérésina charriait un palais ;

Pour lui, pour que cet homme ait des fleurs, des charmilles,

Des parcs dans Paris même ouvrant leurs larges grilles,

Des jardins où l’on voit le cygne errer sur l’eau,

Un million joyeux sortit de Waterloo ;

Si bien que du désastre il a fait sa victoire,

Et que, pour la manger, et la tordre, et la boire,

Ce Shaylock, avec le sabre de Blucher,

A coupé sur la France une livre de chair.

Or, de vous deux, c’est toi qu’on hait, lui qu’on vénère ;

Vieillard, tu n’es qu’un gueux, et ce millionnaire,

C’est l’honnête homme. Allons, debout, et chapeau bas !

Le travailleur et le joueur en bourse,

Victor Hugo.











Approfondir le concept de démocratie avec Dany.

mercredi 16 janvier 2013

Gauchisme de merde

Gauchisme militant

Gauchisme militant