Clément PAQUIS

NE VOTEZ PAS

NE VOTEZ PAS !

« Tous pourris... Â» ronchonnait José.

Sauf que cette fois ci, personne ne s'était levé pour lui faire la morale.

Le « tous pourris Â» était pourtant un lieu commun qui avait tendance à faire friser les oreilles des démocrates qui traînaient au bistrot.

'Faut dire que cette campagne présidentielle était d'un ennui...

Les candidats parlaient peuple, peut être un peu trop, au point que les électeurs en arrivaient à comprendre ce qu'ils disaient. Du coup, ils se rendaient compte, puisque c'était à leur niveau, que ça n'était pas au niveau.

Le pays était aux soins palliatifs et le peuple semblait ne plus se faire d'illusion sur son pronostic vital.

On allait y passer, comme les grecs, comme les espagnols, chacun son tour en rang d'oignons, restait à savoir à quelle sauce on allait être mangé.

Par l'incompétence de celui-ci ? Par la soumission de celui-là ? Par la trahison de la plupart ?

« Tous pourris ! Â» répétait José un peu plus fort.

Le patron lui fit signe de la fermer, histoire de pas déranger les clients que la politique intéressait encore.

Faut dire que le patron faisait aussi kiosque à journaux, alors à vendre de la merde, autant faire en sorte que le client continue à croire qu'il achète du caviar.

Maurice laissait traîner son œil sur la liste des candidats à l'élection présidentielle.

A gauche, un type chauve au physique de comptable de province lançait balançait lieux communs sur lieux communs.

Oh, y'avait toujours une poignée de péquins prêt à le soutenir, mais l'ambiance populaire était inexistante. On attendait que ça passe. Qu'on en finisse.

A droite, le sortant faisait du révisionnisme. Les mêmes slogans avec un programmes concurrent du sien. Un genre de révisionnisme schizophrène.

Il expliquait l'échec de la politique passée, le succès de la politique à venir.

Ça aurait pu passer pour un baroud d'honneur si ça n'était pas à ce point évident que le président sortant n'en avait rien à branler. Perdre ou gagner, il s'amusait à jouer pour le siège de préfet de France.

Au centre, on était dans le tout et n'importe quoi.

Refaire une campagne de 2012 avec les restes de celle de 2007. C'était inintéressant et surtout complètement à coté de la plaque.

Le seul candidat crédible aurait été celui qui proposait un billet pour l'étranger, ou un kit de survie en milieu hostile. Fuir ou se résigner au néant, c'était ce qui flottait dans l'air.

A la droite de la droite, on avait la candidate anti-système qui , de toute façon, jouait le jeu du système en acceptant de participer à cette mascarade qu'étaient les élections. Signe de l'ennui profond du peuple : elle avait baissé dans les sondages. Passée de 20 à 15% , les furieux avaient pourtant l'habitude de voter pour son parti avec dans l'idée de voter contre les autres.

Ça ne prenait pas cette fois ci. Pas aussi bien qu'on aurait pu le croire.

Le reste, c'était le cirque Barnum.

L'écologie brassait du vent pour faire la promotion des éoliennes, les deux candidats d'extrême gauche ne méritaient qu'une punition : aller chez le coiffeur.

Quant à l'ancien ministre, celui qui décidait tout à coup qu'il était plus à gauche que la gauche traditionnelle (celle qui allait gouverner 5 ans) , il déclenchait une sorte d'engouement bizarre chez les enseignants et les bobos de France et de Navarre. Je crois bien même qu'il arrivait à piocher dans l'électorat de l'extrême droite, utilisant les mêmes ficelles.

Qu'est ce qu'on s'emmerdait.

Les élections approchaient et personne n'avait choisi de bouger son cul jusqu'à l'isoloir.

- Jusqu'à l'urinoir ouais !

- Ta gueule José …

Un militant était entré avec des tracts, il avait commencé à les distribuer.

On était pas impoli, on avait fait semblant de les prendre, et deux minutes plus tard, la corbeille à papier était pleine à ras bord.

Le patron avait balayé la salle d'un regard désespéré.

C'est qu'il était du genre empathique le patron. Qu'on tire la gueule, ça se ressentait dans tout son bistrot.

C'est pas pareil de picoler joyeux que triste, et encore pire de picoler désespéré. Ça sent le client qui finira par fuir le bistrot pour picoler chez lui. Ça sent le mauvais alcool et la télévision allumée en continue. Ça sent le nœud coulant. Le suicide.

Un jour, le vieux Jacques s'était pointé avec un bouquin sur le survivalisme. On savait même pas ce que c'était, mais Jacques avait l'air super emballé.

Il expliquait qu'il allait faire un potager, creuser des tranchées autour de chez lui, acheter un fusil, se protéger.

On lui répondait que c'était pas avec sa retraite qu'il pourrait faire tout ça.

Il s'était arrêté net. Il avait pas voulu nous expliquer de quoi ça parlait, son bouquin. De fruits et légumes? De culture en serre?

On l'avait plus vu pendant deux bonnes semaines avant de s'inquiéter.

Le vieux vivait seul chez lui depuis la mort de sa femme, trois ans auparavant.

C'est le patron, comme toujours, qui s'était décidé à aller frapper à sa porte.

Ça sentait pas bon. Le patron avait vite compris. Les pompiers avaient défoncé la porte et trouvé le corps quasi-décapité de Jacques.

Une balle de calibre douze dans la bouche, ça vous rase de près.

Détail original ; il avait appuyé sur la détente avec son gros orteil.

Son fusil tout neuf n'avait finalement fait qu'une seule victime.

Dimanche, on ira pas voter. C'est le jour de l'enterrement du vieux Jacques.

En plus, le bistrot reste ouvert tard le soir.

jeudi 19 avril 2012

Au commencement

Au commencement

Au commencement

9 mois plus tard ...

Au commencement

lundi 16 avril 2012

The leftist


The leftist

Y'avait vraiment qu'à moi que ce genre de conneries pouvaient arriver.

Ok ça m'avait foutu en boule, mais de là à en venir aux mains...

Dans ma vie, je le jure, j'ai toujours été très éloigné de la violence physique, par peur surtout. Faut bien dire les choses comme elles sont, je suis pas du genre courageux.

Les têtes brûlées et moi, ça fait deux.

C'est un putain d'héritage génétique que j'ai reçu. Bouffé de haut en bas par toutes les formes de peur existantes, quelques soient le nom qu'on leur donne.

Anxiété, stress, angoisse, toutes sous la même bannière de la panique, de la peur, de la fuite.

Quand j'étais gamin, j'étais associable pour deux raisons.

La première, c'est que les autres ne m'intéressaient pas. Je les trouvais tous identiques, mauvais, bêtes, toujours à jouer au plus blessant.

La seconde, c'est que la perspective de me faire des amis m'effrayait. Se faire des amis, ça voulait dire supporter ces amis. Et de supporter à subir, il n y avait qu'un pas que je n'étais pas prêt à franchir.

Et puis, en grandissant, ça a fini par aller mieux. J'étais devenu plus sociable. J'utilisais mon sens de l'humour pour compenser mes complexes physiques. Un névrosé dans la peau d'un rigolo, c'était ça de donné pour ne rien avoir à subir.

Mes potes, ils aimaient ça la castagne. Surtout un : Fabrice.

Il était beau gosse, sympa et marrant. On s'était très vite mis à fonctionner en duo lors des soirées alcoolisées auxquelles on participait.

Lui buvait pour se sentir bien, moi pour ne pas me sentir de trop.

Déjà à l'époque, l'alcool était un médicament qui me servait de pousse-cul avec les filles.

Faut dire que j'étais du genre innocent...

Bon ok, j'étais carrément con, mais j'avais mes excuses. J'ai grandi tard et à 19 ans, j'en avais 14 dans la tête.

Je tombais amoureux dès qu'une fille avait le malheur de s'intéresser à moi.

Du coup je l'effrayais, du coup elle se faisait la malle, du coup j'étais anéanti.

Aujourd'hui, je suis misogyne et je crois pas que ça changera un jour.

Même si on m'a aspergé de « c'est pas toutes les mêmes Â» , « ne fais pas de généralités Â» et autres lieux communs, je préfère faire des généralités et partir du principe qu'elles sont toutes pareilles. C'est moins fatiguant, et à ne plus espérer on ne risque pas d'être déçu.

Ce qui ne règle pas mon problème, là maintenant.

J'ai toujours été le roi de la digression. C'est vrai ! D'un sujet je bascule à un autre, j'ai du mal à structurer ma pensée, je parle très vite comme si j'avais très peur d'être interrompu et de perdre le fil de ce que j'étais en train de dire. Du coup : je soûle.

Alors, depuis quelques années, je parle moins.

Je parle moins sauf quand j'ai un verre entre les mains et qu'on a le malheur d'aborder la politique. Pour certains, c'est jouer aux cartes, faire du sport ou sortir en boîte. Moi c'est parler politique. Pas en faire, hein ! Juste en parler.

J'ai l'impression qu'autour de moi, les gens sont tous complètement à coté de la plaque. Ils n'entravent rien à tout ce que j'ai compris il y a déjà si longtemps. Ils refusent même de s'y intéresser. C'est pour ça que je ne fais pas de politique et que je ne préfère qu'en parler. Parce que personne ne fera jamais rien, ou que ce qui sera fait ira dans le mauvais sens, sera manipulé, et qu'au bout du compte, ça n'est jamais les gentils qui gagnent. Le méritent ils d'ailleurs ?

Encore une digression.

Et le temps qui passe.

Camille est à mes pieds dans une mare de sang. Camille, c'est un mec. Je sais, ce prénom est de plus en plus habituellement féminin, mais les parents de Camille sont plutôt du genre bourgeois vieille France, de cette bourgeoisie attirée par l'aristocratie.

Mais voilà, on ne s'achète pas un arbre généalogique.

Condamnés à n'être que de pauvres bourgeois, ils ont tenté de conjurer le sort en baptisant leur fils « Camille Â». Ils pensaient peut être donner l'illusion de la noblesse, ils ont récolté tout l'inverse. Camille est un gauchiste.

Camille De Laverne, de son nom complet.

À noter que son nom de famille ne comptait pas de particule avant 1978. Une petite excentricité qu'on cru bon de se permettre papa et maman.

Et puis, comme beaucoup de jeune bourgeois du milieu parisien, Camille a acheté un poster du Che à 16 ans. Il a commencé à bouffer les œuvres de Marx le cul vissé dans l'hôtel particulier de papa, dans le XXVI arrondissement de Paris.

Et puis Bakounine, Kropotkine, Thoreau, et toute la liste des figures gauchistes ont défilé dans sa bibliothèque.

Camille De Laverne était un révolutionnaire auto-proclamé qui détestait ses parents, son pays et toutes notions de patriotisme à moins qu'elles ne soient étrangères.

Des « Camille Â», il en existe un paquet. Celui ci, avec son look de punk à chien, était la caricature du genre.

Blouson kaki de l'armée allemande, acheté aux puces, barbe et cheveux longs, appartement arrangé de telle façon qu'on puisse s'imaginer qu'un poète a vécu là et y à trimbalé sa souffrance, de ce fauteuil en cuir style 1970 à ces étagères sur lesquelles étaient empilés des vieux livres. Très important le vieux livre. Des livres achetés chez des bouquinistes ou lors de vide-grenier. 'Fallait juste que ça fasse vieux pour pénétrer un peu plus cette imposture de la culture du vécu, de l'illusion de la bouteille ; à 22 ans.

Camille devait souhaiter très fort que l'on pensa au mot « souffrance Â» lorsqu'on voyait l'intérieur de son 30 m² .

Ça marchait d'ailleurs, pour ceux de sa race. Ceux de son entourage qui se pignolaient sur les mêmes conneries

J't'enverrais tout ça chez l'coiffeur moi...

Et voilà, encore une digression.

Je suis spécialiste que j'vous dis !

Je crois bien que j'ai tué Camille.

Le con.

Les meurtriers doivent tous penser à la même chose après avoir tué. C'est à dire à eux.

Pas de « oh le pauvre, il ne méritait pas ça ! Â» mais plutôt du « où je vais planquer ce putain de cadavre ?! Â» vous voyez ?

J'en étais là.

Malgré temps qui passait et qui augmentait le risque qu'on finisse par me surprendre, j'étais figé et n'arrêtais pas de gamberger.

Camille revenait d'Algérie où il avait participé à une conférence sur ces enculés de colons français qui avaient tout détruit, et qu'il faudrait bien qu'ils demandent pardon un jour. Eux, ou leurs petits fils, ou leurs arrière petits fils.

Ce qui tombait bien, pour Camille, c'est qu'il baisait la fille Ederman. Comme les éditions.

Du coup, il avait eu ses ouvertures et des associations anti-raciste avaient financé ses bouquins.

Le premier, « Devoir de mémoire Â» , l'histoire du fils d'un juif déporté qui se retrouvait SDF, avait tout de suite plu à l'éditeur. C'était dans la droite ligne éditoriale de la maison.

Le second, « Les pieds dans le sable Â», l'histoire d'un jeune algérien qui subissait le racisme des français qui votent Le Pen et avait fini par être emprisonné injustement pour avoir poignardé un français raciste, avait fait un tabac.

Promotion aidant, on avait retrouvé Camille sur le plateau d'Ardisson, de Ruquier, sur France Inter pour finir par un petit passage chez Drucker, en « guest Â», le tout assaisonné par une critique dithyrambique de la presse écrite de gauche.

J'avais jamais vu un révolutionnaire qui pétait autant dans la soie.

Je suppose que ça s'appelle « l'évolution Â». Le R de Révolution n'étant pas vraiment indispensable à l'aune d'un bon chèque.

Je ne sais pas vraiment combien Camille se mettait dans les poches. Il ne voulait pas parler d'argent parce que c'était vulgaire.

Quand je lui répondais que ceux qui parlaient d'argent étaient souvent ceux qui en avaient le moins, parce qu'ils le comptaient, il me sortait une citation, ce qui avait le don de m'exaspérer.

« L'argent ne rachète pas la jeunesse Â» disait-il.

C'était souvent à coté de la plaque.

Il devait peser 70kg.

Qu'est ce que j'allais bien pouvoir foutre de ce tas de viande ?

Ça s'était vraiment mal imbriqué.

Tôt le matin – déjà ça me fout en boule – j'avais reçu un coup de fil.

Camille était à l'aéroport, il me demandait si je voulais bien venir le chercher, parce que galère de taxi, trop de bagages pour prendre le métro, et que j'étais le seul qui avait une grosse bagnole.

Surtout le dernier point.

J'étais également le seul qui était suffisamment con pour répondre « oui Â».

« Oui ok. Je suis là dans 20 minutes. Â» que j'avais dit.

Au volant de cette vieille 405 rouge que j'avais payé 600€, je faisais route vers Roissy.

Tous les amis de Camille prenaient le métro parce que la voiture, ça pollue.

Moi, j'avais pas vraiment le choix. Tous les week-end, je me tirais de l'étron parisien pour rejoindre la campagne où j'avais grandi.

Aucune gare ne desservait ce village paumé.

De fait, de « con de pollueur Â» j'étais devenu le taxi de circonstance.

Tout s'était enchaîné très vite.

Je m'étais garé pour qu'il fume une clope. Une roulée bien entendu.

Il avait commencé à raconter son voyage. Je m'en foutais, mais le silence donne souvent l'illusion de l'intérêt.

Et puis d'un coup, il s'était mis à me demander comment j'allais. Ce qui revenait, pour lui, à m'expliquait comment je devrais aller et pourquoi j'avais échoué dans ce que j'avais entrepris.

Je crois pas être un vieux con de tempérament, mais va comprendre, sur ce coup là c'est pas passé.

Que monsieur le Baron se mette à me donner des leçons d'évolution sociale, lui qui vivait dans un parc d'attraction sur mesure où la notion de « galère Â» se limitait à la disponibilité des taxis à la sortie de l'aéroport, ça m'avait foutu en boule. D'un coup, j'avais choppé le démonte-pneu sur la banquette arrière et je lui en avais foutu un coup dans la gueule.

Il était tombé sur le cul, et sa tête avait commencé à pisser le sang.

C'était sans doute la première fois qu'il touchait du rouge.

Il s'était mis à bredouiller je ne sais quoi. Et bing, à terre.

J'avais regardé le spectacle, fasciné comme devant un grand feu de joie.

Mais maintenant, il bougeait plus.

Et puis merde. J'étais reparti en bagnole après avoir balancé ses affaires à coté de son corps.

Si il fallait qu'on me foute en taule, ainsi soit-il. Je me sentais pas l'âme d'un dissimulateur machiavélique.

J'étais rentré chez moi et j'avais mis un DVD en attendant que les flics viennent me chercher.

Ils n'étaient jamais venus. Mon téléphone n'avait jamais sonné. Personne ne m'avait jamais rien demandé.

Sur son mur facebook, des centaines « d'amis Â» présentaient leurs condoléances sur ce mausolée virtuel qu'était devenu sa page.

Il m'avait pas fallu longtemps pour comprendre. Je ne faisais pas parti de ses amis. Personne ne savait qui j'étais et mon casier était vierge comme la chatte d'une nonne.

Y'avait eu un petit article de 30 lignes, dans Télérama, sur ce jeune talent tué dans l'œuf.

Classé comme fait divers monstrueux. Sans plus.

Pas assez populaire pour qu'on creuse plus loin l'affaire. Tout juste ordinaire pour qu'on creuse sa tombe.

Dire qu'il voulait être incinéré...

Pour aller avec mon poulet, ce soir, je vais ouvrir une bouteille de rouge.

                                                                                                                                                                



                                                                                                                                                                           Clément Paquis ©2012

dimanche 8 avril 2012

Pédopsychiatre

Pédopsychiatre

Ça fait 74€.... À la semaine prochaine.

lundi 26 mars 2012

Fascisme et boule de gomme sur Amazon

Fascisme & boule de gomme est désormais disponible à la vente sur Amazon.

Fascisme et boule de gomme

lundi 19 mars 2012

Le bon peuple

Quand j'étais enfant, j'étais terrifié par Le Pen.

Il représentait à mes yeux le mal incarné, Hitler, les camps de concentration...

Faut dire que mes parents étaient profs, et plutôt "de gauche" comme 90% des profs.

Et comme 90% de la population, ils ne se sont jamais vraiment intéressés en profondeur à la politique.

Aussi loin que je puisse me souvenir, mon père a toujours lu Charly Hebdo.

Le Pen, c'était dans mon esprit, mais aussi dans celui de beaucoup d'autres : le nazi de la caricature de Plantu.

Le croquemitaine... 

Même si mes parents exagéraient sans doute un peu ...

Le bon peuple

En 4eme, j'avais vu  "nuit et brouillard".

Je vous laisse imaginer l'impact que peuvent avoir les images de cadavres décharnés trainés par des soldats américains et ramassés par des bulldozer sur l'inconscient d'un gosse de 12 ans.

Le mal absolu avait existé, c'était Hitler, c'était les nazis.

L'ennui, c'est que vivant dans un petit village, la plupart des électeurs FN que je connaissais ne votaient pas Le Pen pour autre chose que pour la caricature qu'on en avait fait ( un SS avec des bottes qui allait envahir la Pologne et annexer les sudètes)

Je n'avais donc pas vraiment de raisons de remettre en question l'image d'Epinal officielle : Le Pen est un nazi.

Et puis, ils étaient plutôt virulents les électeurs FN de mon village.

Le bon peuple

( ça n'a rien à voir, mais c'est à peu près ce que raconte le ministre des affaires étrangères israélien, Avigdor Lierberman)

Le racisme, c'était un truc du quotidien, les jeunes parlaient d'exterminer les arabes comme on pourrait parler du temps qu'il fait.

A force, j'écoutais même plus. Je me disais juste qu'il fallait que j'évite le sujet.

C'est bien plus tard que j'ai commencé à m'intéresser vraiment à la politique. Comme si c'était un sport.

Comme j'aime avoir le dernier mot, je croisais le fer sur des forums politiques avec des types de tous bords.

J'ai pris conscience que la démocratie française, c'était un peu comme le foot.

Le foot est au sport ce que la démocratie est à la politique.

 Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon durant 90 minutes, et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne

 La démocratie est un jeu simple : 10 parties se présentent à l'élection présidentielle, et à la fin, c'est l'UMP ou le PS qui gagne.

Perso, à part pour les coupes du monde où la France se retrouvait en finale, j'ai jamais trop accroché au foot.

En revanche, j'accrochais bien à la politique. Je trouvais toutes ces conneries très ludiques.

Il y a 6 ans de cela, je découvrais Alain Soral et la manière qu'il avait de défendre le petit peuple de France qui ne se plaint jamais et qui accepte ce que Soral appelle "le principe de réalité". (Travailler, nourrir sa famille, etc)

Je ne suis pas bien sûr que la majorité des gens qui subissent le principe de réalité soit en mesure de se poser des questions existentielles du type:

Le bon peuple

On a rien à accepter ou à refuser quand on est même pas conscient de ce qu'on subit ou qu'on en souffre pas.

Je crois que Soral prête beaucoup trop d'intelligence et de jugeote au peuple.

Mais bon, le peuple... Comment en vouloir à quelqu'un qui est nul en math de ne pas réussir à résoudre une équation à 10 inconnus ?

J'ai connu par la suite ( et grâce aux web) des nationalistes intelligents. Très cultivés. Beaucoup plus que moi.

Les nationalistes cultivés sont les meilleurs pour dresser une critique honnête et perspicace du système dans lequel on vit.

Pendant presque un an, je me suis dis que j'allais voter Marine Le Pen, non par conviction, mais parce que le vote blanc n'étant pas comptabilisé, je n'avais aucun autre moyen de faire entendre ma voix... Ou mon absence de voix.

Je suis français, mes parents sont athées, je ne suis pas baptisé, je ne suis pas gauchiste, je ne suis pas droitard... Mais je ne me sens pas non plus nationaliste et le folklore des défilés du 14 juillet m'a toujours emmerdé.

En fait, tout ça ne m'intéresse pas assez pour que je prenne une position franche et définitive d'adhésion.

Quelques soient les griefs que j'ai contre le système en place, qu'est ce que j'y gagnerais à voir le FN arriver au pouvoir ?

Je ne suis pas dans ce rêve éveillé qui consiste à croire que le FN est LA réponse. En terme de politique, les électeurs auraient juste donné un coup de pied (pas très fort) dans la fourmilière de la république, et c'est Hollande ou Sarkozy qui se retrouverait président.

Je ne crois pas à la "révolte des nations", et de toutes façons : une révolution qui fonctionne est une révolution financée par des intérêts étrangers, elle fait beaucoup de morts, et ces morts font rarement partis de ceux qui tirent les ficelles.

Pas plus que je croyais au  "j'ai changé" de Sarkozy, je ne crois au virage à gauche de Marine Le Pen.

Toujours plus de sang, de sacrifices, d'héroïsme de mes couilles. Flatter l'égo du couillon pour avoir sa voix. Lui faire croire un instant qu'il est Achille et que son vote le fera entrer dans l'Histoire.

Puis récemment, j'ai eu l'occasion de recroiser ce type d'électeur FN que j'avais oublié, et qui représente la majorité de son électorat.

J'étais dans la même chambre d'hôpital.

Ce monsieur était un agriculteur à la retraite, il avait connu sa femme à l'âge de 16 ans, l'avait épousé, lui avait fait 4 enfants et avait aujourd'hui une foultitude de petits enfants.

Le monsieur voulait se faire ramener chez lui en taxi-ambulance. Il y avait droit.

Le médecin de service vient lui parler, et lui demande si quelqu'un peut venir le chercher dans sa famille, parce qu'un taxi ambulance, ça coûte 400€ à la sécu pour un trajet.

Le monsieur avait bien évidemment de la famille qui pouvait venir le chercher et le ramener dans son patelin, à 30km. Mais il y avait droit. Il avait cravaillé toute sa vie, donc y'avait pas de raison. Que y'en a , et qu'on sait qui sait, y cravaillent pas, y roulent en BMW et c'est nous qu'on paye.

Lorsque les médecins sont sortis de la chambre, il m'a confié qu'il avait des arabes à coté de chez lui qui n'en foutaient pas une et qui se faisaient emmener à l'hôpital en taxi-ambulance.

Cerveau de reptile.

Comme j'ai des tatouages, il a cru que j'étais de son coté et que j'allais lui sortir un truc du style :

Le bon peuple

... Mais en fait ...

Le bon peuple

Ces conneries, ça fait 20 ans que je les entends. Elles sortent toujours de la bouche des mêmes connards qui vont voter pour se venger, que ce soit Sarkozy, Le Pen ou un autre qui veut bien leur dit qu'ils ont raison de penser ce qu'ils pensent. Ils votent, et après rien ne changent.

La vengeance ne rend pas la vie plus agréable, et de toutes façons, ils continueront à se faire baiser. Comme tout le monde.

Je ne sais plus trop ce que je lui ai répondu.

Qu'être malade, c'est pas un projet de vie, qu'on va pas à l'hosto pour tirer au flanc ou parce qu'on a comme projet politique de ruiner la France.

Et comme je suis blanc et tatoué, il m'a dit que j'avais raison... Mais que quand même, les arabes hein.

Et puis l'autre jour, j'ai entendu Marine Le Pen qui soutenait ces obsédés du coq gaulois que sont les exaltés du site Fdesouche.

La politique est un spectacle dans lequel le rôle du peuple est joué par un mauvais acteur.

mardi 21 février 2012

Après

Pour des raisons que j'aurai l'occasion de développer plus tard, je ne suis pas en mesure, pour l'instant, de poster des BD.
Je travaille sur un netbook ( un genre de pc-portable miniature, j'ai pris ce qu'il y avait de moins cher).
J'ai ma palette graphique avec moi, mais c'est encore un peu le bordel pour l'utiliser avec ce gadget.
Donc : apprêtez vous à manger un peu de texte.
Croyez-moi; Eugène, ainsi que le reste de mes crobards, me manqueront plus qu'à vous.

ps: Ma tablette est foutue, elle aura eu une longue vie : 2 mois.
Pas de BD à l'horizon, donc.

dimanche 12 février 2012

Faire la lumière sur la mort tragique de Gilles Jacquier

La mort tragique de Gilles Jacquier

jeudi 12 janvier 2012

2.0

INTRODUCTION


Je ne sais pas trop comment articuler ce billet.
Disons que ... Ça a commencé alors que j'étais sur le trône.

2.0

J'ai eu ce que les toxicos appellent "un moment de lucidité" .
J'étais en train de téléphoner à une personne que je ne connaissais pas,  rencontrée sur cette abstraction permanente qu'est Internet, et je laissais sur son répondeur un message pour m'expliquer d'une chose sans la moindre importance, sans le moindre intérêt, sans la moindre profondeur...


Sur la toile, tout se fait et se défait à la vitesse de la lumière. A un point que c'en est ridicule.
On y trouve très souvent de la merde. Internet décomplexe la médiocrité et fait germer une foultitude de blogs plus insipides les uns que les autres.
La plupart du temps, les femmes ( hé oui ) qui tiennent ces blogs se défendent de la merde qu'elles produisent en invoquant le sens de l'auto-dérision, l'humour, et blablabla. On en connait tous.

Ce contact tenait ( tient ) un blog de femme trentenaire célibataire.
C'est tellement commun que ces trois mots devraient n'en faire qu'un et devenir un adjectif. "femmecelibatairetrentenaire".

La vérité, c'est qu'à l'instar des gamines de 16/18 ans qui entretiennent le pathos à coup de poèmes multicolores, ces trentenaires issues de la génération "Working girl"* (cette horrible daube avec Sigourner Weaver et Melanie Griffith ) ne créent rien, elles décrivent.

_____

*Pour les petits veinards qui auraient échappé à ce navet, en voici le pitch :

Les aventures de Tess, jolie et intelligente employée de bureau, dans la jungle de Wall Street. Manipulée par des supérieurs machistes et Katherine, plus élégante qu'elle et au vernis culturel plus évident, elle parviendra néanmoins à tirer son épingle du jeu en abattant un à un les obstacles et en faisant preuve d'audace.

 _____



Regardez, par exemple, si on tape "blog+femme+trentenaire" sur google, voilà ce qu'on trouve.
Vous ne remarquez rien ? 
Mmmmh ?
Si vous prenez le temps de cliquer et de comparer, vous constaterez que tous ces blogs sont totalement interchangeables.
Les mêmes histoires de sexe, d'épilation, de copines, d'ex(s), de maquillage, de chaussures, et de toutes ces choses si insipides qui constituent les sempiternelles centres d'intérêt du sexe faible.
Le tout dans de très courts billets, parti de rien pour arriver à pas grand chose.
Si au moins c'était drôle.

 * * *


Par le passé, les journaux intimes n'étaient pas forcément plus intéressants, et je parle en connaissance de cause : ce qu'écrivait ma sœur dans le sien lorsqu'elle avait 14 ans est largement à la hauteur de ce que ces morues de 30 ans répandent sur leurs blogs, lardant les lecteurs sensibles avec le poignard du mauvais goût.
La seule différence, c'est que ça n'est plus intime. Du coup, c'en est obscène.
A la rigueur, je serais assez branché à l'idée de lire le journal intime d'une putain qui se fait payer pour faire des pipes aux collègues de bureau de son mari.
Là, au moins, c'est suffisamment sinistre pour ressembler à quelque chose.
Mais l'heure est aux choses incolores, inodores et sans saveurs.
Le reste, c'est ce que Monsieur le Chien appelle "Des blogs fascistes".



2.0

(Il ne m'en voudra pas de sortir cet échantillon de sa page fan)




LE DÉPUCELAGE PAR LE WORLD WIDE WEB



J'avais 25 ans quand j'ai eu mon premier ordi relié à internet.
C'était un portable, et c'était le truc le plus magique que j'avais eu entre les mains depuis la création de la PS1.
Un genre de minitel super puissant qui permettait de communiquer avec la Terre entière depuis son lit.

2.0


Mais plus que tout, c'était un formidable moyen pour trouver de quoi niquer.

Avec meetic, ( avant que les tarifs deviennent prohibitifs et vident ce site de ses membres) , on avait un dossier établi pour chaque personne.
On savait avant de la rencontrer à quoi elle ressemblait, ce qu'elle aimait, ses passions, on avait le temps de la baratiner, de lui raconter ce qu'elle avait envie d'entendre, de la chauffer sexuellement sans lui faire peur.
A l'époque, les sites de rencontre ont fait beaucoup mal aux chiffres d'affaire des boites de nuit, mais évité des pertes de temps ( et d'argent ) considérables.

2.0





En bref, à son adolescence, l'internet - qui n'était encore ni accessible ni maitrisé par tous-  était un chouette moyen de tirer un coup sans se fatiguer.



L'ARRIVÉE DES RÉSEAUX SOCIAUX
(ou le skyblog à la portée de tous)


Les réseaux sociaux ont permis à tout le monde de devenir bloggeur.
Que n'ai-je pu lire sur les murs de mes amis.
Que n'ai-je pu écrire comme débilités sans nom sur ma ligne de statut. ( oui faut pas croire, je me fais baiser comme tout le monde)

Mais quand même, outre l'étalage indigne de l'intimité de tout un chacun, on en trouve quand même beaucoup pour continuer le déballage de vide au plus grand nombre, par le biais d'un blog, revendiquant fièrement leur vie d'esthéticienne/coiffeuse/ mère divorcée/psychologue charlatan et autres échantillons de ce que j'appelle " l'Enfer" et de ce qu'elles nomment "leur life LOL" .



2.0





EPILOGUE

Blog, forum, site de rencontre...
Je me demande si tout cela ne déshumanise pas un peu trop les rapports humains...


2.0

... Ou ne les rend pas juste un peu plus ridicules qu'ils ne l'étaient auparavant.








vendredi 6 janvier 2012

Oliver Twist

Oliver Twist

Oliver Twist


dimanche 11 décembre 2011

Fascisme et boule de gomme

Je vous présente mon petit dernier :



C'est un bouquin avec des enculés, des victimes, des racistes, des gauchistes, des libéraux, des beaufs, des illuminés, des petits malins, des fatalistes et bien d'autres encore. Comme je n'ai jamais été très doué pour me vendre, je vous laisse l'acheter pour vous faire votre propre opinion.

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En fait, il existe déjà un bon condensé du thème du livre. Chouette hasard.


vendredi 25 novembre 2011

Halloween

Halloween

mercredi 16 novembre 2011

Les nazis

Les nazis

Les nazis

mercredi 2 novembre 2011

Murphy fait sa loi

Murphy fait sa loi

Murphy fait sa loi

mardi 18 octobre 2011

La canne

La canne

La canne

mardi 4 octobre 2011

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